Thursday, October 30, 2008

De Marrakech à Ouarzazate

De Marrakech à Ouarzazate,

Aller de Marrakech à Ouarzazate, c’est un peu passer d’un Maroc à l’autre. En franchissant la barrière de l’Atlas, on quitte le Maroc arabe, pour se retrouver plongé dans le Maroc berbère. Là bas, la peau des gens devient beaucoup plus foncée, on met déjà un premier dans l’Afrique Noire.
Le franchissement des ces chaînes est d’une beauté incomparable à toutes les chaînes de montagnes que j’ai déjà pu traverser avant. Comme tout le monde le sait, la région autour de Marrakech est particulièrement aride et désertique.
Peu de végétation, de la terre très rouge, des maisons en terre, c’est comme cela que commence l’ascension de la montagne, en montant on se retrouve dans une bande de végétation très verte : la hauteur fait perdre quelques degrés, et permet donc à des arbres de s’implanter un peu mieux « qu’en bas », mais très vite, cette végétation s’arrête nette par le manque d’oxygène lié à l’altitude.
Qui croirait qu’à une heure à peine de Marrakech, je franchisse l’un des plus haut col du coin : celui de Tizi n Tichka à plus de 2300 m d’altitude. Ici il fait froid, la végétation est quasi nulle à part dans quelques recoins où des troupeaux de moutons mangent paisiblement.

La route de cette montagne est jonchée de petites boutiques, où Marocains essayent de vous vendre un tas de conneries, dont notamment des pierres précieuses de l’Atlas. Il devient difficile de s’arrêter sur le bord de la route pour prendre de belles photos, car ceux-ci ont toujours leurs boutiques au bon endroit, et vous assaillent dès que vous tirez le frein à main. Parfois même, ils se tiennent sur le bord de la route, et n’hésite pas à se mettre en travers pour vous arrêtez. Il faut alors slalomer entre ces gens, pour n’écraser personne …

Passer ce col, me voilà donc à la porte du Sahara, je redescends tranquillement jusque Ouarzazate, et là le paysage change une nouvelle fois et devient formidable : je me retrouve à l’entrée du désert et au pied de montagnes aux sommets enneigés (en hiver de nombreuses routes sont coupées, et il y a même des stations de ski, oui oui au Maroc, à deux heures du Sahara). Ca parait à peine croyable.
Le nom de Ouarzazate ne vous dira peut être rien. Pourtant vous connaissez nécessairement cette ville. Il s’agit du nouvel Hollywood Marocain : tous les grands films ayant des scènes de désert se sont tournées là bas : des films français (Astérix et Obélix Mission Cléopatre, si les photos vous donnent du mal à visualiser la région où je me promène, revisualiser le film et vous verrez …) aux superproductions américaines (Gladiator, Le retour de la Momie, les diamants du Nil, …). Alors bien sur, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller visiter les studios, et quels plaisirs de revivre les décors et accessoires les plus célèbres, que l’on voit tant au cinéma.
La ville de Ouarzazate en elle-même est assez petite : une rue la traverse, mais elle abrite une Kasbah magnifique (la Kasbah des Traourit) tout en terre rouge, au bord du fleuve orné de palmiers.
Des sites sont particulièrement intéressants autour de cette ville : l’oasis de Fint (ça veux dire caché en berbère). Cet oasis est difficile à trouver : planqué au milieu du désert, il vous faut faire 10 kms sur une piste au milieu des cailloux pour y arriver. Renfoncé dans le sol, l’oasis se découvre, complètement coupé du monde. Là une communauté de 2000 personnes y vit, complètement en autarcie, faisant le linge dans la rivière, récoltant les dattes et voyageant à dos d’âne. Un peu plus la Kasbah d’Ait Benhaddou, classé au patrimoine mondiale de l’Unesco. Il s’agit d’une Kasbah qui a abrité le Glaoui. Personne emblématique du Maroc qui, dans les années 50, s’est rallié à la cause Française pour maintenir le Maroc « Français », et a même réussi à faire exiler le roi du Maroc a Madagascar, régnant en maître sur le pays, grassement entretenu par la France. Son sort a été nettement plus triste lors du retour du Roi dans les années 60 …


Découvrir des régions comme ça, se mérite au Maroc, … il faut prendre la voiture et parcourir des centaines de kilomètres pour y arriver, mais franchement ça vaut le coup.
La voiture quant à elle a mal résisté au voyage. Mais promis si un jour vous décidez de m’accompagner, je ne vous ferai pas le coup de la panne.
Alors ça vous tente ?


























1 Comments:

At 8:10 PM, Anonymous brigitte said...

je rentre de mon premier voyage au Maroc, je dis bien, "premier", car ma seule envie est d'y retourner au plus vite!
merci pour ces belles images, ces commentaires...
Merveilleux pays, peuple touchant,chaleureux....
Fint, un petit bijou qu'il faut protéger...mais déjà moins isolé que lorsque vous y êtes allé!
Le désert, un lieu magique aux couleurs changeantes!
à bientôt peut-être sur une des pistes de ce pays plein de mystère et pourtant si attachant!
Brigitte

 

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