Maroc : les 3 capitales
Les trois Capitales,
Si les choses ne le paraissent pas toujours, en France nous faisons parfois simple. Chez nous Paris est LA ville française, capitale économique, politique et touristique. Au Maroc, les choses sont bien différentes. Trois grandes villes pour trois fonctions différentes, et aucune ne piétinent sur les fonctions de l’autre.
Marrakech pour le tourisme, Casablanca pour l’économie, et Rabat pour LA capitale officielle et politique. Si le Roi a un palais pour lui dans toutes les grandes villes du Maroc, celui de Rabat est bien celui de sa demeure officielle.
Quand vous entrez dans cette ville, vous rentrez donc dans la ville noble du pays : grosses voitures, grandes maisons, belles plantes … le luxe abonde dans cette ville.
Grâce à mes connaissances, j’ai donc eu la chance de passer un week end dans une de ces maisons luxueuses, au milieu d’un quartier comme je n’en avais encore jamais vu. Des dizaines de maisons consulaires, réparties les unes derrière les autres, et toutes indiquées par leur nom de pays. Il devait bien y être tous représentés.
Passer le week end dans une de ces maisons, c’est bien sur profiter avec joie du hammam, de la piscine, et de tout le confort qu’offre l’habitat, mais aussi partir à la découverte de tous les mets du royaume, offerts par des hôtes particulièrement accueillant. Et il y en a des mets … surtout, surtout des pâtisseries. De quoi prendre de bons kilos en un week end : pastillas, cornes de gazelles, miches de pain trempés dans l’huile d’olive et le miel …
Si Rabat est méconnu des étrangers (on sait à peine qu’il s’agit de la capitale du pays, en fait !), elle cache malgré une belle histoire, et de beaux sites qu’il serait dommage de manquer quand on passe au Maroc. Des tombeaux des Rois passés (Mohamed V, Hassan II) aux sites d’inspiration romaine, je laisse ces quelques photos illustrer le charme de la capitale.
La tour Hassan veillée par deux gardes à chevaux
Le tout s’organise (comme toute ville marocaine) autour de la médina, particulièrement jolie d’ailleurs par ses couleurs blanc et bleu, à flan de mer qui donnerait presque des airs de Grèce à ce pays.
Des ruelles de la Médina
Quelques jours plus tard, je continue ma visite du pays par un grand voyage dans le sud … enfin je devrais plutôt dire le centre. Le Maroc s’étend sur plus de 2000 kms, et est bien plus grand que
Marrakech est certainement la ville la plus célèbre du Maroc, et a une renommée internationale. Il faut dire qu’elle a de quoi faire parler d’elle. Plantée au beau milieu du désert, la ville ressemblerait presque à une erreur de la nature, une question incessante de comment arriver à fonder une ville aussi puissante dans un endroit aussi paumé. Ce qui frappe au premier abord, c’est la couleur rouge du sol de la région. C’est cette couleur qui a donné au mur de la ville son aspect. On a l’impression que les hommes ont saigné sur ces murs tant la teinte est vive.
Il y a deux villes dans la ville : la ville nouvelle, Guéliz, sans grand intérêt avec son Mac Donald, ses banques et ses boutiques, et à côté la médina. Certainement la plus grande médina du voir au Maroc. Entourée de remparts, cette ville est un immense dédale de ruelles. Le terme est exact quand on dit être dans un labyrinthe. Imaginez-vous vous engager dans une rue, tourner à droite, puis à gauche, essayer de trouver des panneaux qui n’existent pas, lire des noms de rues écrits en arabe, et au final vous retrouver dans une … impasse. Le terme est lâché : la moitié de rues dans cette ville sont des impasses. Une fois arrivée face à un mur, il vous faut donc retourner en arrière, retrouver d’où vous venez, prendre une autre route, se réorienter pour, au final, tomber à nouveau complètement à côté de là où vous souhaitiez aller. Il faut dire que ça fait marcher le commerce. Paumer les touristes, ça permet aux locaux de se « jettera » sur vous pour vous dire que vous avez besoin de lui pour vous guider, et lui donner de l’argent. Voilà un des gros problèmes de la ville (et des villes en générale au Maroc), le touriste de base est victime d’un harcèlement incessant de la part des locaux : « eh mon ami », « viens voir mon magasin », « pour le plaisir des yeux » … Dès que vous sortez un livre où une carte, vous êtes fini : impossible de se dépêtrer de « l’ami » qui veut vous aider « pour son plaisir », mais qui attend bien une pièce. Il faut alors s’armer de patience, et trouver des ruses pour s’en défaire, car le gros problème à Marrakech, c’est que le tourisme aidant, les locaux deviennent agressifs et insultants quand vous refusez leur service, où que vous ne les payez pas. Plusieurs techniques : celle que j’ai trouvée être la plus efficace était de parler en anglais. Souvent cette langue est mal maîtrisée et il suffit de lâcher quelques phrases enchaînées rapidement pour larguer l’interlocuteur et qu’il vous laisse tranquille.
Le problème c’est qu’une fois que vous êtes débarrassé, vous vous retrouvez perdus au milieu de nulle part, et vous avez vraiment besoin d’une aide. Là encore considérez vous perdu, car quand vous allez demandez de l’aide, le type va pas seulement se contenter de vous dépanner mais va vous suivre pendant une heure pour vous faire la visite de la ville et du magasin, et vous en avez pour votre argent, une fois de plus … Là aussi la technique s’impose : aller voir un commerçant, car il ne pourra lâcher son commerce. Mais attention, il faut trouver le commerçant occupé, car s’il est oisif, alors il ira chercher le beau frère de la cousine pour vous aider (toujours pour son plaisir, vous aurez bien compris …), et là vous êtes perdus de nouveau. Autre technique qui fonctionne bien : suivre le flot des gens, ça vous ramène toujours vers une place assez centrale ! Seulement voilà, quand on visite en période de ramadan, il faut faire très attention à la rupture du jeun le soir. A ce moment là, toute la ville se vide, et Marrakech devient un désert (normal ils partent tous manger !). Et là bim : vous êtes perdus de nouveau, et tout seul cette fois-ci …
La place Jemaa El Fna
Oui il faut s’armer de patience (ou de beaucoup d’argent) pour visiter cette ville, oui il faut affronter de nombreux Marocains rendus agressifs par un tourisme poussé. Marrakech est tout sauf accueillante par les Marrakchis (on envie Paris, je vous le dit !!), mais le charme de la ville finit quand même par gagner, c’est tout le malheur. Il faut voir tous ces riads (dans un desquels j’ai pu dormir d’ailleurs …), ces souks, ces places, ces palais, ces mosquées, la vie qui grouille !
Patio et Terrasse du Riad où j'ai dormi
Herboristerie ... du paradis ! Ca sent le kif !
Enfin, vous l’aurez aussi deviné sans doute, mais Marrakech n’est pas une ville où il fait bon circuler en voiture, d’abord les rues sont étroites, ensuite il y a beaucoup de piétons, et enfin cette ville est LA ville chinoise du Maroc, tant le nombre de vélomoteurs est impressionnants. C’est LE mode de circulation des Marrakchis, et il pollue. Car ces ruelles très étroites conçues pour conserver la fraîcheur l’été, conserve aussi la fumée. L’atmosphère devient vite irrespirable, surtout au moment de la rupture du jeun où tous les commerces ferment et où des centaines de mobylettes déboulent dans les ruelles pour permettre à tout le monde de rentrer à la maison.
Fastueux palais de la Bahia
A l’inverse Casablanca est une grosse ville (qui fait bien penser à Paris par sa taille, sa vie économique) et où il fait bon vivre. Au bord de la mer, la ville s’est développée autour d’une petite médina, à l’image de
Mosquée Hassan II
La suite du voyage au cœur des montagnes de l’Atlas et des studios cinémas de Ouarzazate au prochain épisode. Voilà qui célèbre à merveille les deux ans de mon départ en France, et du début de mes aventures. Tant reste encore à faire …





















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