Saturday, August 22, 2009

Inde : Le grand saut !

Le grand saut !

India Gate à Delhi

Après m’avoir été dépeint comme le pays de toutes les catastrophes (90% des gens que j’ai rencontré ces derniers jours y sont passés par la case hôpital), me voilà prêt à faire le grand saut. En Inde, Mai est un mois où les températures montent haut et vite. Juste avant les premières moussons, l’atmosphère est très sèche et frôle les 50°C toute la journée. Je peux sentir l’air brulant circuler sur ma peau. C’est donc sous un soleil écrasant que je sors de l’avion, et m’effondre dans le bus qui m’amène dans le centre de Delhi.

M’y voilà dans l’arène, en face de la gare, au milieu d’une foule grouillante, cerné de taxis, de tuc tucs et de vélos. La première épreuve : traverser cette gare bondée d’Indiens en sueur, tous collés les uns contre les autres pour prendre un billet de train dans un hall prêt à éclater. Il faut donc littéralement glisser (avec la sueur …) sur eux pour avancer, chargé de mes sacs à dos. L’avantage d’être plus grand me permet de pouvoir capter de l’air par-dessus.

Les Indiens demeurent une civilisation bien à part : flanqué d’une identité forte de leur culture, celle-ci n’en reste pas moins un mélange d’une dizaine de différentes religions (et donc de mode de pensées très variées : des jains (qui ne doivent tuer aucun être vivants, donc faire attention quand ils marchent pour pas écraser les fourmis), des hindous (quand même majoritaire en Inde), des bouddhistes, des musulmans (l’Inde est le deuxième pays islamiste après l’indonésie), des sikhs (les fameux indiens avec la barbe et un turban sur la tête) … Tous cohabitent ensemble et s’acceptent mutuellement. Naturellement cette ouverture d’esprit les force à être de nature particulièrement réceptrice aux étrangers en quête d’exotisme.

Gandh symbole de paix, de tolérance et de liberté pour le pays

Si on arrive donc dans un brouhaha général, les Indiens sont donc toujours prêts à rendre service, donner un chemin, proposer un logement sans nécessairement essayer de soutirer de l’argent ou d’arnaquer le touriste. Bien sur, le décalage du niveau de vie pousse à la mendicité (d’ailleurs assez imposante dans ce pays, mais par la même culturelle, puisque les Indiens donnent entre eux), mais elle n’est pas oppressante comme dans d’autres pays (au Maroc par exemple). Que ne pourrait-on faire pour quelques roupies … Et puis parfois, de jeunes Indiens souhaitent juste pratiquer leur anglais, difficilement appris à l’école. Ce sera pour eux aussi une porte de sorti de leur misère quotidienne.

La misère … justement … il ne faut pas avoir le cœur sensible lorsque l’on visite l’Inde. TOUT se passe dans la rue : le commerce bien sur (avec tout plein de vendeurs ambulants de fruits, boissons …), les repas, les échanges, la douche (au pot), les toilettes, et les nuits aussi … En rentrant de soirées, ne soyez pas surpris à trouver tous ces Indiens en masse bien rangés, recroquevillés les uns dans les autres, en ligne sur les trottoirs. C’est ici aussi qu’on dort ! Il faut dire que la population est grande (plus d’1 milliard d’habitants, pour un pays pas si grand que ça, en comparaison de la Chine …). L’impression de masse est prenante !

Les ambiances de rues reflètent ce bordel « asiatique », plus fort qu’ailleurs (mais aussi bien organisé !). Plutôt très sales (j’ai marché en sandales pendant tout mon séjour, il m’a fallu 10 jours en France pour récupérer des pieds propres !!), les animaux ont repris le droit de vie dans ces rues : vaches, cochons, singes, chiens, rats, …

Voici donc l’Inde tel que je l’attendais, mais dans une atmosphère beaucoup plus paisible que je n’imaginais. La chaleur ayant certainement aidé à débarrasser les rues de bons nombre de touristes, je me sens étonnement bien dans ce pays. Je rentre alors dans ce cercle vertueux où je me laisse porter par les rencontres, et où les rencontres me portent vers un sentiment de bien être et d’acceptation totale de la population.

Le Lotus Temple à Delhi : temple où toutes les religions peuvent venir
prier tant qu'elles respectent le silence et les autres

Ces rencontres, aussi intentionnées soient elles (on essaye toujours de vous vendre un hôtel, un magasin, ou tout simplement son corps … les hommes se prostituent beaucoup dans ce pays … visiblement pour d’autres hommes !!), permettent toujours d’échanger autour d’un verre ou un repas sur les conditions de vies, les coutumes locales et les astuces à connaitre !

Et puis si vous avez envie de savoir ce que ça fait d’être une star, rendez-vous dans un lieu public. Il ne prendra pas plus de 5 min pour qu’un groupe de jeunes indiens, un jeune couple, où une famille, viennent vers vous pour vous prendre en photo avec tout le monde, vous serrer la main, … C’est assez marrant, et on distribue un peu les autographes ! Attention néanmoins, cela peut s’avérer très long !

Avec une telle chaleur, bien choisir son hôtel est une nécessité. Souvent un simple air cooler (ventilateur qui fait du vent frais car humidifié) ne suffit pas à faire descendre la température, et avoir une pièce « refuge » dans ce pays s’avère pourtant vital. On imagine mal comment réagit son corps à être en permanence obligé de se rafraichir pour faire redescendre la température corporel. Prendre des douches ne suffit même plus car l’eau s’évapore trop vite, et s’allonger sur le lit devient un enfer tant les draps brûlent !

Venons-en maintenant au sujet épineux : la nourriture ! Voilà l’élément qui fâche de nombreux touristes et fait vivre les hôpitaux de la région. Peut-être un peu immunisé par mon intoxication au Népal, je n’ai rien eu dans ce pays, et c’est tant mieux. La nourriture, à l’opposé d’être un problème, et le point d’intérêt du pays. Les Indiens ont une cuisine tellement riche, variée et bonne, qu’il serait dommage de ne pas pouvoir en profiter. Voici l’un des seuls pays au monde qui offre un choix de plats végétariens complets et variés. Il faut certes faire attention aux épices, parfois fortes, et surtout bien sélectionner ses restaurants ! Mais il ne faut pas hésiter à se laisser aller et profiter des joies de la rue, comme les jus de fruits, les excellents lassis (fabriqué dans de petits centres locaux) ou encore ces jus de cannes à sucre qui sont broyées et rebroyées des dizaines de fois pour en extraire du sucre, et qu’on mélange allègrement avec de la glace … locale ;-) La propreté laisse certes à désirer, mais il fait bon y gouter !

Au centre de ce premier voyage en Inde : trois pôles d’intérêts principaux. Appelé le triangle d’or, Delhi, Agra (célèbre pour son Taj Mahal) et Jaipur (capitale du Rajasthan), sont des piliers de la culture indienne.

Jama Masjid à Delhi

Etonnement, l’Inde du Nord est extrêmement marquée par l’islam. Les Moghols (peuple de civilisation islamique) sont arrivés au 16ème siècle, et ont gouverné le pays pendant plus d’un siècle. La courte dynastie est surtout marquée par le règne de Shah Jahan, à l’origine des plus grandes constructions comme le fort rouge (qu’il aura surtout rénové) à Delhi et Agra ou le Taj Mahal à Agra.

Sorte de Louis XIV du pays, il dépense beaucoup d’argent pour se construire des palais (le Taj Mahal est un temple dédié à l’amour de sa femme, qu’il inhuma là bas, celle-ci est morte lors de l’accouchement de leur 14ème enfant …). A l’origine des plans avaient été prévus pour construire un deuxième Taj Mahal, noir, sur l’autre rive du Yamuna (pour son propre tombeau). Seulement voilà, le fils du roi, Aurengazeb, un peu aigri et horrifié des dépenses de son père, l’en empêcha, et l’enterra à côté de sa femme, cassant ainsi la symétrie parfaite du palais autour de la tombe de la reine !! Ce fils ingrat justement, supprima la couronne à son père en l’enfermant dans son propre fort, avec ses sœurs. Celui-ci était tellement désireux de récupérer le pouvoir qu’il courut finalement à la perte des Moghols et sera le dernier empereur de la lignée.

Prison de Shah Jahan par son fils

On retrouve donc dans la région de Delhi et d’Agra, autour de ces constructions majeures, de nombreuses mosquées, minaret, … Il s’agit là bas du véritable centre musulman du pays, siège de la puissance moghole pendant une durée finalement assez courte, mais dont l’architecture aura profondément marqué l’endroit ! La forme, en chapeau pointu, des temples donne l’impression de se retrouver un peu au pays des milles et une nuit.

Les milles et une nuit justement … finalement pas si loin du Moyen Orient, l’Inde se retrouve vraiment a un carrefour de civilisation assez étonnantes. En se dirigeant un peu plus vers l’Ouest, on se retrouve alors dans un état, un peu à part, appelé le Rajasthan. Il s’agit d’un véritable pays dans le pays où les Maharajas règne encore de générations en générations.

Et ceux-ci règne d’une main de fer, dans des villes très bien tenues et bien organisées (fini le bordel de Delhi), où les richesses dominent (grosses propriétés, circulation de nombreuses pierres précieuses). La capitale de cet état, Jaipur, est nommée la ville rose (ce serait la Toulouse indienne, les murs du centre ville sont en fait tous roses !).

La ville est surtout célèbre pour son palais des vents (sorte de façades avec plein de fenêtres censées faire de l’air quand il fait chaud), et son site à instruments solaires. Un des maharaja, féru de science astrale, a fait construire des monuments géants pour pouvoir lire l’heure (à 2 secondes près), les signes astrologiques, …

Si vous arrivez à passer entre deux tempêtes de sable lors de votre passage, sortez un peu du centre ville pour aller à l’Amber Palace. Vous croiserez sur votre route des chameaux (servant au transport de marchandises), des éléphants, et arriverez sur un magnifique palais, dominant la région.

L’Inde est donc un pays où les contrastes sont tellement forts que chaque recoin nous plonge dans un pays et une culture différente. Prochaine étape donc, l’Inde du Sud !

2 Comments:

At 9:39 AM, Blogger Adrien said...

Très sympa ton article, ça donne envie d'y retourner ! Je regrette de pas avoir fait l'Amber palace d'ailleurs, ça a l'air assez impressionant.
En revanche l'histoire du Taj Mahal noir on m'a toujours dit que c'était une légende urbaine... A vérifier.

 
At 5:21 PM, Anonymous Myriam said...

Super tes récits indiens...(et ton blog en général, va me falloir un peu de temps pour tout lire) mais t'es un peu à la bourre : vivement la suite avec nos épopées du Sud ! Petit sourire en coin concernant ta parenthèse sur la prostitution masculine... Mon pov, t'en auras soupé,-)
J'espère que t'auras le temps de nous faire un coucou parisien. Chui encore toute paumée d'être là et le silence assourdissant de la capitale me perce les tympans,-) trop dur à présent de trouver le sommeil sans les "chai chai", les tuut-tuut-pouet des klaxons et autres sonorités bolywoodiennes !!!
à vite baroudeur

 

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