Tuesday, January 19, 2010

De Mysore à Kanyakumari

Mysore : et un peu plus encore !


Le train m’enfonce alors un peu plus dans la jungle indienne : au son des marchands, des klaxons, des cloches, et de tout autre instrument qui peut faire du bruit, je débarque à Mysore.


Objectifs n°1 : retrouver mes amies Françaises pour affronter la suite (très très rude) du périple ensemble. En période de Diwali (l’une des plus grande fête indienne, genre nouvel an chez nous, dont le centre se déroule justement à Mysore), la tâche n’est pas si facile. La ville grouille d’Indiens (normal me direz vous !) : je ne me suis jamais retrouvé dans des rues aussi denses de monde et de façon aussi permanente.



Vendeur de colorants : très populaires en Inde


Le paradis des bananes pas chères


Le marché central est envahi, les rues sont barrées (même les chauffeurs de tuk tuk se perdent pour nous conduire), et on lutte les uns contre les autres pour avancer, sans se faire écraser (ou cracher dessus …). Dans cette marée humaine, on se perd, on se retrouve, on se reperd … et j’aurai même réussi à retrouver, purement par hasard, un ami de Mumbai !


Notre direction : le palais ! Mysore possède le plus beau palais en Inde. Véritable bijoux architectural, la visite nous permet de déambuler de salle de mariage, en salle de réception, et trône … et de découvrir toute l’organisation de cette ville puissante en Inde. Voulant illustrer la grandeur de cet « empire », le palais s’illumine la nuit de toutes ses ampoules réparties sur toutes les arrêtes des façades. On se croirait un peu à Disneyland.



Plongée dans une telle cohue, on trouve alors un peu d’air dans un boui boui servant de la bonne nourriture pas chère, et on se prépare psychologiquement pour la suite … 12h dans un bus INDIEN, de nuit, pour relier Mysore à Cochin. C’est que Mysore, au pied des montagnes du Karnataka, est isolé de la façade océanique du pays. Le seul moyen est donc de parcourir le trajet en bus.


Il s’agira là de la pire nuit passée pendant mon séjour, et pas loin la pire de toutes celles que j’ai pu faire pendant mes voyages … Le chauffeur (on va l’appeler Rambo) aura conduit 12h d’affilé, sans même arrêter le bus pour se reposer, aller aux toilettes ou manger (il doit tout avoir sur lui). Devant faire face à la pénurie de places, nous n’aurons eu d’autres choix que de nous retrouver en fond de bus, d’un bus sans amortisseur et sur une route, bien évidemment, défoncée. Autant vous dire que nous avons sauté pendant toute la nuit, décollant parfois du fauteuil de près de 20 cm. Passons le fait que la route était de montagne, donc virages, montées et descentes à pleine vitesse oblige … Je passe l’odeur douteuse du bus et la propreté sans défaut des fauteuils qui, au moins, nous aura valu une bonne crise de rire d’au moins 10 min à notre entrée dans le bus !

Grâce à Rambo, nos têtes au sortir du bus le lendemain matin étaient loin d’être glorieuses …

Après quelques jours de pseudo frais au pied des montagnes, retour à la chaleur moite du bord de mer à Cochin !


Les filets Chinois du Nord de l'île


La ville de Fort Cochin se situe en fait sur une île au large des côtes indiennes. A quelques minutes de bateau nous gagnons donc ce petit coin de terre, quadrillé par des rues vivantes dans une raze campagne de végétation à l’allure tropicale.


Après une bonne douche et un capuccino, nous nous sentons d’attaque pour arpenter ces rues. Malgré tout, la chaleur, la fatigue finissent par avoir raison de nous : nous visitons quelques demeures anciennes, nous invitons chez l’habitant pour apprécier notre repas, et marchons, marchons, marchons ...

Il faut dire que tant est à faire. L’état du Karnataka est réputé pour sa médecine ayurvédique. Il devient alors indispensable de visiter des centres de massages, des pharmacies, histoire de comprendre l’essence même de cette médecine, et d’en dégoter quelques produits.


Après avoir retrouvé Ana le soir (mon amie anglaise de Mumbai), nous assistons tous les deux à un spectacle de danse Kathakali. Une fois encore il s’agit d’une danse ancestrale comptant l’histoire de dieux hindous (amour, trahison et vengeance). Les danseurs passent une bonne heure à se maquiller eux-mêmes avec des produits entièrement naturels (poudre de pierre de différentes couleurs mélangée à de l’huile de coco) et dansent sur scène (spectacle muet) pendant que des musiciens jouent sur les bas côtés. Les expressions faciales et la gestuelle y jouent un rôle primordial dans la signification de la danse, et en début de spectacle un inventaire (un peu longuet) de tout ce qu’il est possible de dire nous est fait.




C’est alors de bon matin (genre 3h) que j’embarque dans le train qui va me mener vers le bout du bout : Kanyakumari !


Voilà donc la ville la plus au sud du pays. Tout droit en face : c’est l’arctique. Point de rencontre des trois océans (Indien, Pacifique et mer d’Oman), cette ville domine le reste du monde par sa statue. Immense colosse posé là sur un roc à quelques centaines de mètre du rivage, la statue donne un effet surréaliste, comme tombée du ciel.


Bien sur, arrivé là, comme si cette ville était un objectif en soit : celui de tout voyageur qui n’a d’autres choix de se dire ici, bon ben on retourne en arrière, il n’est qu’un seul impératif de venir admirer le coucher du soleil sur la mer. Un coucher que les indiens viennent admirer par centaines, en famille, entre amis, mettant les pieds dans l’eau. Le spectacle est juste simple de ces gens qui viennent voir ce que la nature nous offre de beau, tout en dégustant des petits gâteau coco, « home made ».



Ce n’est peut être donc pas un hasard si les cendres de Gandhi reposent ici, dans un monument assez étrange. L’urne est déposée au centre d’une salle, surmontée d’une coupole avec un trou en son centre. Ce trou a été positionné de telle sorte que le 2 Octobre (jour de la naissance de Gandhi) à 12h pile, le soleil vienne frapper l’urne funéraire.


Se sentir au bout donc, et revenir : voilà ce qu’il reste à faire. Cette ville était bien un objectif en soit, celui de dire que je suis descendu jusqu’au bout du pays. Au petit matin de nouveau, j’embarque en bus vers Maduraï.

Surprise étonnante : la route n’est ni plus ni moins qu’une autoroute deux fois deux voies … neuves !

Si la télé n’avait pas été si forte dans le bus (ah oui : voilà une autre spécialité indienne qui n’a pas l’air de déranger grand monde), m’obligeant à porter des boules quiès pour ne pas avoir mal aux oreilles, j’aurai presque pu me reposer …


2 Comments:

At 5:34 PM, Anonymous Myriam said...

Sympa David de nous refaire vivre la cohue de Mysore, son tohu-bohu permanent, ses tuk tuk inefficients et sa marée humaine qui vous obligent à vous ruer sur n'importe quel alter-transport (je me rappellerai toujours ta tête à la vue des 3 ptites Frenchy dans leur calèche, complètement azimutées !), j'informe les 2 autres "accolytes improbables" que suite il y a de nos aventures épiques !
A +++
PS / Hé dis, j'aurais bien ajouté une ou deux photos moi pour illustrer ton récit, c'est ti possible ???

 
At 5:34 AM, Anonymous Anonymous said...

I am a friend of Virginie, just came across your blog and the pictures you took in San Francisco, just want to say they are very beautiful! wish I could read French....-YX

 

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